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Interview de Roger Wallet

Alors qu'il ébauche un dessin ou tout en visitant l'Atelier de l'imaginaire avec son interviewer, Nelson Blanco évoque sa rencontre avec les enfants au cours de ses différents projets et nous fait part avec son style si personnel (accent et phrasé un peu maladroit mais si sympathiques) de ses réflexions sur la peinture.
Des images d'archives illustrent ce documentaire filmé réalisé par les élèves de terminale de l'option audiovisuelle du lycée François Truffaut.1997

"La Peinture, il faut des années et des années... C'est comme la musique, on peut pas improviser. On peut improviser après mais pas avant. Je vais faire un petit dessin...
nelson blanco


Je suis né à la pampa. J'ai habité Paris mais les grandes villes pour moi, c'est répressif. Je me sens mal. J'aime la nature alors... Je pouvais pas réaliser un tableau sans pouvoir regarder le ciel ou un arbre. C'est une symbiose totale entre ma création et la nature c'est à dire, en définitive, je suis écologiste sans le savoir...

En Argentine, à cette époque là: dans les années 40, il n'y avait personne qui ne connaissait ni Paul Klee ni Picasso; il y avait toute une tradition classique ou néoclassique. J'ai eu la chance de trouver quelqu'un, un peintre allemand, qui avait travaillé dans le "bach house". C'est lui qui m'a initié à la nouvelle conception. C'est drôle, quand j'ai vu Picasso, j'étais pas surpris, c'était comme la famille quoi!

Revenant à son dessin
Je pars de la ligne et après, je transforme la ligne en symbole. C'est la femme ici. C'est la pomme-femme. La femme, c'est le symbole de la fécondité. La pomme aussi, c'est biblique. Dans ma peinture il y a de l'esthétisme mais il y a autre chose, il y a un côté surréaliste. Un côté de mystère.
On est dans l'environnement "bordélique" de la couleur que l'homme ne peut pas toujours comprendre et il sent des angoisses. L'artiste lutte pour l'harmonie et l'harmonie devient un engagement politique...La peinture, c'est pas une vérité mais c'est pas un mensonge non plus. C'est être autre chose... S'il n'y a pas d'imaginaire, il n'y a pas de vie parce que tout est imaginé. Même la chaise où je suis assis a été imaginée par quelqu'un.
L'artiste doit avoir un rôle social de l'imaginaire qui se crée. C'est très important l'imaginaire...
nelson blanco

J'ai participé à la création d'une grande fresque.C'était très positif, très dynamique. C'était plein de couleurs extraordinaires. On a travaillé avec 1000 élèves. C'est l'éducaiton aussi avec les enfants, la théorie de la couleur pour approfondir vraiment ce qu'est la peinture avec la peinture. On avait un grand bâtiment et il y avait 14 écoles qui ont participé, les collèges aussi. Et à la fin, c'est une grande fresque de 80 mètres à peu près, qui existe encore aujourd'hui 20 ans après et qui n'a pas été touchée par un seul grafiti, rien! C'est extraordinaire quand même!

L'enfant ne fait pas de l'art. Il s'exprime avec un langage qu'il faut respecter. Mais l'enfant, si tu lui donnes les moyens, imagine!... Mais, il faut lui donner les moyens...

La création artistique, c'est la liberté, mais une liberté avec une discipline. Si tous les gens étaient complètement créatifs, la société ne serait pas comme ça!"