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Nelson Blanco par Damian Bayon

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Un jour, je me suis trouvé en face d’un tableau que je ne connaissais pas. A peine regardé, je savais que l’auteur était de ce qu’on appelle, peut-être à tort, un naïf. Pourtant, à la première chose que cette peinture m’a fait penser, c’était à Matisse, rien de moins.

Beaucoup plus tard, j’ai connu le peintre. Nelson Blanco. Je lui ai dit alors -suprême compliment- l’ancêtre que je croyais lui avoir découvert. Il n’a pas bougé, il n’a pas bronché, j’ai l’impression que ma remarque ne lui a pas fait le moindre plaisir. Tant pis pour moi !
nelson blanco

Pourtant, par une secrète correspondance, il avait compris que j’étais avec lui, pour lui. En vain, je lui ai conseillé de voir les musées, de comparer, de s’ouvrir à tout. De ne pas copier mais de gagner du temps en profitant de l’expérience de ses devanciers dans l’arabesque qui a toujours été et restera, le fort de Nelson Blanco. Il ne m’a pas écouté ou a fait semblant de ne pas m’écouter. Qui sait ? Il est mystérieux et j’aime les gens naturellement mystérieux et je ne voudrai pas, pour rien au monde lui faire perdre cette qualité essentielle pour moi.

Un peu plus tard, parti de Paris, Nelson Blanco exposait de nouveau à Buenos Aires. Un succès d’estime attendait cette exposition qui n’avait pas conquis les récalcitrants et avait même déplu aux fanatiques de naguère… Il continuait à voyager : New York, la France. Et je dis la France, parce que, déjà marié, père de famille, il allait s’installer à 70 km de Paris, dans une campagne plutôt grise et triste. Le miracle s’est justement produit dans ces conditions moins stimulantes qu’irritantes. Coincé dans la ferme de sa nouvelle famille, ne sachant s’exprimer que par les mots -il écrit comme le Douanier Rousseau écrivait-, mais surtout par les formes et les couleurs. Nelson Blanco a été forcé de travailler énormément. Il s’est cherché inlassablement, il s’est trouvé à maintes reprises, en voilà le témoignage !

Les lignes en délire qui se persécutent à elles-mêmes, les signes abstraits et figuratifs inextricablement mélangés sont, en même temps, "architecture" et "décor" de l’œuvre. On les voit partout, dans ses dessins en noir, ses encres, ses gouaches, ses toiles à l’huile. C’est un acharné, un obsédé… mais un artiste, par-dessus tout, qui sait quand s’arrêter et où. A l‘époque où la plupart des peintres en vue jouent à tous les jeux d’une avant-garde pour plaire aux critiques, pour séduire, par un érotisme facile ou par un soi-disant "engagement" politique, un public qui se croit très avancé, Nelson Blanco se met devant son bout de papier, sa toile vierge et il commence ce chant grégorien de la ligne qui monte, qui descend, qui s’enroule sur elle-même. Quelquefois, il en fait trop, quelquefois il n’en fait pas assez. C’est à recommencer. Il n’est pas du tout le genre d’artiste capable de reprendre un travail, de l’ "améliorer". S’il touchait à une chose déjà faite, ce serait pour la gâcher irrémédiablement.

Son sens de la couleur est aussi excellent. Il ne suit pas, là non plus, une mode, il coïncide. Maintenant que vêtements et décoration vont changer à toute vitesse, je ne vois pas que Nelson Blanco -comme tant d’autres !- puisse changer pour essayer d’attraper ce "tramway nommé dernier-cri". Au contraire, ce qu’on lui demande, c’est d’aller encore plus loin en lui. De descendre à son propre puits et non pas dans ce puits collectif qui est l’apanage de tous et de personne.
nelson blanco


A l’époque qui nous a été donnée de vivre c’est toujours avec bonheur que nous retrouvons un homme qui nous invite à regarder dans son intérieur. Cet intérieur, dans le cas de Nelson Blanco, est peuplé de chats, de cœurs, de trèfles, de cheveux fous. C’est un monde de cirque, de foire, d’enfant triste, d’ironie tendre.

S’il a son mot à dire c’est bien son mot à lui, tout seul. Si par hasard, nous lui nous retrouvons quelques unes des inquiétudes modernes, tant mieux pour lui, cela prouve qu’il se meut naturellement dans notre monde comme un poisson dans l’eau. Mais il ne "il ne fait pas moderne " sur commande ou sur recette. Il ne choque pas par ordre supérieur, il ne flatte pas non plus parce qu’on lui dit que c’était la chose à faire. Il est simplement lui, et comme il est bon artiste, très souvent nous sommes pris dans son jeu et nous jouons avec lui. Son œuvre est une leçon d’honnêteté. Et, en plus, une leçon de folie salutaire. J’espère qu’il aura dorénavant le succès qu’il mérite.

voir aussi manifeste de l'indignation